Jeunes et parents

AU GRÉ DES RENCONTRES, DES RÉFLEXIONS ET DES INTUITIONS, CETTE PAGE SE PRÉCISE…

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Il est à noter que la philosophie Sudbury est changement majeur de culture, de vision de la vie et des relations jeunes-adultes. Cela peut donc parfois prendre du temps pour que les jeunes scolarisés auparavant dans une autre école puissent s’épanouir à nouveau. Une moyenne très grossière est d’à peu près 1 mois d’adaptation pour 1 an passé dans une autre école. Dans certains cas très exceptionnels, 1 à 2 ans peuvent être nécessaires.

Les jeunes

jeunes-parentsL’EVNH s’adresse à tous les jeunes de 4 à 19 ans. Cependant, dans quelques rares cas, la philosophie Sudbury peut ne pas être pleinement adaptée pour certains jeunes:

  • ne sachant plus du tout simplement jouer librement, « comme des enfants » (ce peut être le cas chez certains adolescents devenus trop sérieux, trop « grands » dans le mauvais sens du terme)
  • voulant absolument faire plaisir à leurs parents ou au personnel au détriment d’eux-mêmes, en s’oubliant
  • qui ne croient plus du tout, même inconsciemment, qu’ils ont quelque chose d’unique à apporter au bénéfice du monde et qui, en plus, pourrait les rendre profondément heureux
  • qui ne sont pas un minimum conscients et en accord avec la philosophie Sudbury
  • qui ont accumulé une trop grande colère et rancœur contre toute institution et organisation collective.
Les parents

Le choix d’une école inspirée de la philosophie Sudbury demande aux parents plusieurs attitudes, dans l’idéal, pour que le processus fonctionne au mieux:

  • De l’ACCEPTATION. Cela peut demander de changer en soi certaines croyances que l’on peut avoir en tant que parents. Comme accepter que son enfant ait du plaisir à aller à l’école et que petit à petit il trouve sa voie, ses passions alors qu’en tant qu’adulte, on n’a pas toujours eu de plaisir à aller à l’école et l’on n’a pas toujours de plaisir à aller au travail notamment quand il ne correspond pas à ses passions. Accepter aussi peut-être des remarques pas forcément favorables de la part de sa propre famille, des amis ou des voisins quant au choix de cette école
  • De la COHÉRENCE. C’est-à-dire que les deux parents soient bien en accord sur le choix de cette école. Sinon le jeune se retrouve dans un conflit intérieur insoluble du type choisir entre ses deux parents. Pareillement, l’ambiance relationnelle familiale à la maison doit être similaire à celle mise en avant par l’école. Sinon le jeune sera probablement en conflit avec ses parents à domicile et sera perturbé dans son libre développement à l’école
  • De la CONFIANCE. Que les parents aient une grande confiance en leur enfant et en ce qu’il choisit de faire durant la journée à l’école. Ils ne doivent pas le questionner outre mesure le soir en rentrant, pour savoir ce qu’il a fait ou encore plus ce qu’il a appris. On ne se rend rarement compte que l’on est en train d’apprendre quand il s’agit d’apprentissages autonomes. De plus, même son propre enfant a droit à une vie privée. Par exemple, les décisions du comité de justice ne sont pas annoncées aux parents sauf s’il s’agit d’une suspension ou exclusion de l’école évidemment. Le fait de questionner son enfant peut souvent manifester une part de doute des parents envers son enfant, le processus d’apprentissage… Et ce doute va se transmettre à l’enfant qui va à son tour douter de lui-même et être perturbé dans son ressenti sur ce qu’il fait ou devrait faire à l’école. Il n’est évidemment pas interdit de discuter avec son enfant, mais il vaut mieux être à l’écoute de ce qu’il dit, exprime. Les parents découvriront ce que fait leur enfant à l’école plutôt par hasard au détour d’une conversation plus tard. Cependant, il est possible, de temps en temps, le matin ou le soir, en posant ou reprenant son enfant, de discuter avec les membres personnels qui, si l’enfant est d’accord, pourront parler de ses centres d’intérêt du moment. De plus, il existe dans certaines écoles Sudbury des clubs spécials parents organisés pour discuter, partager ses doutes et se rassurer, sans la présence des jeunes.
  • De la CONSCIENCE que tout change et bouge plus ou moins tout le temps, notamment à notre époque. C’est-à-dire dans le domaine de l’éducation, qu’il y a un décalage temporel obligatoire (10-15 ans) existant entre le moment où les jeunes vont à l’école et le moment où ils sont adultes dans la société à part entière. L’éducation contient donc une part d’incertitude, car c’est plus ou moins un pari sur l’avenir, le devenir des jeunes et de la société. Et c’est sur ce sujet que se joue la principale peur, légitime bien entendu, des parents pour leurs enfants. De plus les objectifs, les finalités de l’éducation ne sont que rarement et clairement explicités et malheureusement peu cohérents avec ce qui se fait réellement. En simplifiant pour clarifier, plusieurs attitudes sont imaginables:
    • Éduquer les jeunes de manière traditionnelle en vue de poursuivre le fonctionnement de la société actuelle (ce que font plus ou moins les écoles traditionnelles, mais qui ne prend pas en compte explicitement et en conscience le fait que la société évolue, change forcément qu’on le veuille ou non et le fait que l’on pourrait peut-être se poser des questions sur le devenir de l’humanité sur Terre)
    • Éduquer les jeunes de manière nouvelle en vue de mieux les adapter à la société actuelle (curieuse conception incohérente, comment imaginer qu’éduquer des jeunes différemment aujourd’hui ne puisse pas participer à former une société différente plus tard? Et comment ne pas prendre en compte le fait que l’on pourrait peut-être se poser des questions sur le devenir de l’humanité sur Terre?)
    • Éduquer les jeunes de manière traditionnelle en pensant que les jeunes s’adapteront avec facilité à la société qui change de toute façon et participeront en conscience à former la nouvelle société (curieuse conception incohérente aussi, comment imaginer éduquer les jeunes comme avant en pensant qu’ils s’adapteront aux changements de la société et qu’ils participeront en conscience à la création de la nouvelle société? Comment imaginer faire comme avant et penser obtenir de nouveaux résultats?)
    • Éduquer les jeunes de manière nouvelle pour qu’ils s’adaptent à la société qui change de toute façon et participent en conscience à former la nouvelle société (la voie la plus cohérente, mais pas forcément la plus évidente que l’EVNH s’engage à prendre humblement).