Intelligence collective

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Dans tout groupe humain, l’intelligence collective est un enjeu subtil et délicat. Celle-ci est une sorte de défi d’adaptation entre la diversité humaine qui fait sa richesse, sa beauté, sa capacité de résilience et qui de plus change assez rapidement, et la contrainte d’un environnement unique (temps et lieu communs), tel que peut l’être une école, une famille, une entreprise, un pays ou la planète Terre à l’échelle de l’humanité qui lui, change souvent plus lentement.

Pour répondre à ce défi, voici les principaux outils favorables à l’intelligence collective dont se dote l’EVNH, présentés en deux catégories:

  • ceux qui sont de l’ordre de la liberté, au service de la diversité qui la permettent, la valorisent et la nourrissent (si possible développés au maximum) et
  • ceux qui sont de l’ordre de la contrainte, obligatoires du fait de vivre dans un même environnement, de la contrainte d’un même lieu et même temps (si possible réduits au minimum, car personne n’aime la contrainte).

 

Outils préservant la diversité humaine dans l’école
  • LIBRE UTILISATION DE SON TEMPS car il n’y a pas d’âge pour apprendre ni de jour, ni d’heure. Cela permet de diminuer très fortement le stress qui est un puissant toxique des apprentissages. Le stress perturbe voire empêche la pensée rationnelle, la compréhension, la mémorisation mais aussi les compétences relationnelles essentielles telles que l’empathie et la coopération. C’est aussi dans les moments de temps libre, non contraints qu’émerge l’essentiel de la créativité, de l’intuition, de la résolution de problèmes. C’est le paramètre central permettant d’apprendre la non-intervention et donc la confiance. Exemples d’absence de contrainte temporelle:
    • Pas de programme annuel. Cela permet de respecter les rythmes de développement de chaque jeune. Pour un même savoir, chaque jeune a son propre moment juste pour l’apprendre. Il n’y a pas d’étape universelle à tel ou tel âge.
    • Pas d’emploi du temps hebdomadaire ni quotidien. Chaque jour, chaque jeune est libre de choisir ses activités. Cela lui permet de sentir ce qui l’enthousiasme, le nourrit, lui donne de la joie et donc de l’estime de soi. Et c’est par cette estime de soi qu’il aura envie de s’améliorer, de se dépasser, d’aller plus loin dans des domaines plus ou moins inconnus ou qui auraient pu lui faire « peur » au départ ou qu’il n’appréciait pas auparavant. Mais cela peut aussi passer par des moments d’inactivité, d’ennui qui sont sains et normaux. Le développement d’une personne n’est pas forcément toujours visible à l’extérieur. C’est donc juste le temps nécessaire au processus. (voir l’article A la découverte du vrai ennui : E.N.N.U.I de Marie Gervais, personnel de l’École Dynamique)
    • Pas d’horaires pour les repas.
    • Pas d’heure stricte pour arriver et repartir de l’école. Les arrivées et départs sont possibles sur une plage de deux heures matin et soir. Cela permet de s’ajuster avec une certaine souplesse aux besoins de sommeil du jour de chacun, aux temps de transport variables selon les jours, aux horaires des activités extra-scolaires…

 

  • LIBRE MÉLANGE DES ÂGES pour une communauté unique de tous âges confondus sans séparation, classe ou tri par année de naissance, niveau ou filière. Cela permet de pacifier grandement les relations humaines par l’absence d’un des premiers modèles de séparation ou « hiérarchie artificielle » entre les êtres humains. Avoir 33 ans n’est pas trois fois mieux qu’avoir 11 ans par exemple. Comme être compagnon menuisier n’est pas mieux ou moins bien qu’être débutant. Tout apprentissage demande du temps et personne n’est excellent en tout domaine. Daniel Greenberg, créateur de la Sudbury Valley School, dit « Ici, tout le monde sait ou admet rapidement que tout le monde est ignorant » (in The Sudbury Valley School experience, chapitre Sudbury Valley’s secret weapon: allowing people of different ages to mix freeely at school, 1985). Ce qui fait disparaitre plus ou moins la notion de hiérarchie et le besoin de se vanter de telle ou telle chose. Il existe plutôt une sorte de « hiérarchie naturelle » basée sur les divers talents et compétences de chacun qui n’ont que très peu à voir avec l’âge des personnes. Cela forme un riche réseau de relations entre des personnes de centres d’intérêts et de niveaux différents où chacun peut être tour à tour enseignant et apprenant. C’est le paramètre central permettant d’apprendre l’humilité et donc l’authenticité. Exemples de différents types de relation:
    • Relations entre personnes d’âges proches ou de niveau similaire
      • Dans un sens, la relation permet d’apprendre en détail aux autres et donc de consolider, clarifier, verbaliser ses propres connaissances et ainsi d’augmenter l’estime de soi
      • Dans l’autre sens, la relation permet d’être en admiration pour des capacités atteignables car proches et donc déclenche la motivation, l’enthousiasme
    • Relations entre personnes d’âges éloignés ou de niveau très différent
      • Dans un sens, la relation permet de se ressourcer, de se rappeler les attitudes des enfants telles que l’innocence, l’imagination, la créativité, la soif de vie, de découverte, l’absence de conventions, d’inquiétudes, ce qui permet de ne pas oublier son enfant intérieur
      • Dans l’autre sens, la relation permet de se faire une idée de se que l’on pourrait devenir une fois adulte, de mieux comprendre les enjeux de la vie d’adulte, ce qui active le développement et la maturation

 

 

  • LIBRE PARTICIPATION DE TOUS (JEUNES ET ADULTES) À L’ORGANISATION COLLECTIVE SELON LE PRINCIPE 1 PERSONNE = 1 VOIX. Cela amène par la transparence du fonctionnement de la prise de décisions une augmentation de la légitimité. Cela évite les ressentiments plus ou moins de type complot envers les personnes qui prennent les décisions. La notion de volontariat (présence et vote facultatifs) permet d’obtenir une qualité de participation par des personnes informées et motivées par le devenir de l’organisation. Chacun étant libre dans le choix de ses priorités, soit en se renseignant et s’investissant dans les prises de décisions, soit en poursuivant ses propres activités, ce qui n’est pas forcément contradictoire avec l’évolution harmonieuse de la collectivité. De plus, la pertinence d’un avis sur le fonctionnement de l’organisation n’est pas en rapport avec l’âge de la personne. Pour rappel, la Convention relative aux droits de l’enfant (1989, ratifiée par la Suisse en 1997) dit à l’article 12 « Les États parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ». C’est pourquoi en laissant chacun (jeunes et adultes) participer aux décisions, cela améliore leur qualité par la prise en compte de la plus grande diversité possible d’avis et de point de vue. Avec la transparence évoquée ci-dessus, cela forme le point central permettant d’apprendre le cœur même de l’intelligence collective.

Voici les différentes institutions organisant la vie collective de l’école dans la philosophie Sudbury:

— une réunion hebdomadaire à l’autorité très importante sur l’école, gérant les règles de vie, le personnel, les finances, les projets (pouvoir législatif et exécutif de l’école)

— des commissions et sociétés plus ou moins temporaires dans divers domaines (cuisine, musique, sport, arts, artisanat, festivités, danse, journal, jeux vidéos, sorties et voyages…) instituées par la réunion hebdomadaire et ayant certains pouvoirs délégués par celle-ci

— une assemblée générale, une (voire deux) fois par an, avec participation des parents notamment qui fixent les grandes lignes de l’école (budget annuel, écolages…)

 

Outils nécessaires à une vie harmonieuse dans la contrainte d’un environnement commun, ici l’école

Quand plusieurs personnes se trouvent dans un même lieu au même moment, cela peut entraîner facilement des tensions et désaccords. Il est donc capital de résoudre les conflits apparaissant, pour maintenir une ambiance harmonieuse dans l’école permettant le libre épanouissement de chacun. Cette vie harmonieuse, ce savoir-vivre ensemble résulte des attitudes de chacun à tous moments qui deviennent sur le long terme une sorte de culture. La culture est ici pris dans le sens de « ensemble des formes acquises de comportement, dans les sociétés humaines » (dictionnaire Le Petit Robert 2017).

Voici les différentes institutions permettant de maintenir l’ambiance harmonieuse de l’école dans la philosophie Sudbury:

— un manuel de gestion librement accessible à tous qui rassemble toutes les règles de vie, les procédures, les formulaires, les panneaux à afficher et divers historiques permettant une transparence totale sur le fonctionnement de l’école

— un système de certifications permettant d’utiliser certains objets ou de faire certaines activités potentiellement dangereuses qui sont attribuées à chaque jeune, indépendamment pour chaque objet ou activité et sans ordre ni hiérarchie préétablie entre elles

— une participation aux services communautaires (nettoyage, rangement, comité de justice) OBLIGATOIRE, mais modérée en fonction de l’âge et à tour de rôle. Cette contribution aide à prendre conscience et à se responsabiliser sur les nécessités du quotidien (nettoyage, rangement) et permet aussi de prendre conscience et d’apprendre la subtilité des enjeux de la justice

— un comité de justice se tenant 3 à 5 fois par semaine réglant les différents conflits où la présence est OBLIGATOIRE si l’on est accusé ou accusateur. Celui-ci est composé de sorte telle qu’il y ait des personnes de différents âges (enfants, adolescents, adultes) pour accroître la légitimité des décisions prises (pouvoir judiciaire de l’école)

2 réflexions au sujet de « Intelligence collective »

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